Que s’est il passé depuis un an et demi?

« Je peux en faire un métier de ça? »

Ça, c’était ma réaction lorsque je me suis rendu compte qu’il existait des consultants spécialisés dans le domaine de l’expérience client. C’était il y a environ 4 ans.

Sincèrement c’était un révélation pour moi. Cela faisait 7 ans que j’évoluais dans le monde de la banque privée alors que j’avais toujours été féru de marketing, de communication, de psychologie et sciences comportementales, et je découvre que tout ça mélangé, cela pourrait être mon futur métier.

Cela a été l’effet d’une bombe pour moi.

Alors il y a un an et demi je me suis lancé.
Cela faisait des années que je souhaitais prendre mon indépendance et je l’ai fait le 29 juin 2018.

Vous souhaitez découvrir ce que c’est le lancement en tant qu’indépendant? Moi je souhaite partager avec vous cette aventure, car sincèrement, s’en est bien une.

Que s’est il passé depuis? Quels ont été les bons moments, et surtout les mauvais?
Je souhaite partager avec vous cette folle année 1/2 et faire mon bilan émotionnel avec vous au même moment auquel je vais clôturer mon premier bilan comptable.

Au commencement fût l’adrénaline.

Après un shoot d’adrénaline de 2 mois durant lequel je me sentais galvanisé par cet envol soudain (j’ai pris ma décision de démissionner très rapidement), je me suis confronté à la réalité française de l’entrepreneuriat : l’administratif incompréhensible.
URSSAF, ACCRE, sécurité sociale, mutuelle, banque, comptabilité, facturation, gestion de ma trésorerie de futur millionnaire (que je croyais…).

Des crises de nerfs à rallonge. Des allers retours interminables avec les différents services français qui en les écoutant me parlaient comme si j’avais à mon palmarès la création de 20 sociétés.
Lors de ces moments, j’ai souvent pensé à certains de mes anciens clients qui durant des années me dépeignaient un portrait tiré au couteau de l’administration française et je n’ai parfois pas pu m’empêcher de rire en me rendant compte par moi même de la réalité, souvent en en payant les frais.

Je suis allé vite en besogne. Trop vite.
Ça m’a coûté la dissolution de ma première société au bout de 2 mois d’existence et un nouveau test des capacités d’absorption de charge de travail des instances administratives françaises, que je pourrais vous imager en vous demandant d’imaginer un poisson rouge essayant d’avaler d’un coup sa boîte de paillettes. C’est compliqué.
Je reçois encore à ce jour des courriers au nom de mon ancienne société dissolue il y a maintenant un an.

Quelle erreur ai-je pu commettre pour liquider ma première boîte en moins de 6 mois?

Je l’avais créé sous une forme juridique basée sur 2 contrats potentiels que je devais signer. Lesquels bien entendu n’ont pas vus le jour.
C’est en se plantant qu’on apprend comme dirait l’autre.
Un excès d’optimisme lié à mon shoot d’adrénaline et la joie d’être enfin indépendant. Responsable de moi même, de choisir mes clients, de suivre ma stratégie. Dans l’histoire j’en avais oublié l’obligation d’assumer mes propres conneries.

Cela m’a coûté beaucoup de galères administratives et quelques crises de nerfs mais au final, tout est rentré dans l’ordre, comme toujours. Le principe de l’ordre et du chaos est implacable dans la vie d’un indépendant.

Après la crache du nord, le beau temps de la Drôme

J’ai quand même démarré mon activité et me suis confronté à mes premiers clients, mes premiers règlements.
Quelle joie!
Franchement quel pied de bosser pour soi, de gérer son temps comme on l’entend, c’est à dire avoir mentalement 3 fois moins de temps que lorsque j’étais salarié mais d’avoir LE CHOIX! De trouver un sens à ce que je fais et de m’organiser comme bon me semble. À peu prêt.

Je me déplace, je rencontre plein de personnes passionnantes, j’ai des projets qui foisonnent plein la tête, puis mon épouse est tombée enceinte. Le summum : j’allais être papa!

Là, tout s’est enchaîné. Nous déménageons de Lille direction Valence, nous nous marions, ma fille arrive au monde sans encombres, je décide de prendre un mois et demi pour m’occuper d’elle, chose que je n’aurais jamais pu faire avant.

Dans cette euphorie irréaliste et épuisante, j’apprends un jeudi qu’un client dépose le bilan et que je perds 40% de mon chiffre de l’année…

Une nouvelle bombe. Cette fois je l’avouerais, beaucoup moins fun.

À ce moment là j’ai beaucoup bossé, je suis épuisé mentalement par ma nouvelle vie et tous ces changements et je me retrouve avec un trou d’activité de 2 mois….

Je suis dans le brouillard total.

Plus d’énergie. Plus envie. Je suis totalement perdu et ai le sentiment de m’être donné des coups de pieds au cul tous les matins pendant 1 an pour au final rien de concret et de gratifiant.

Est ce que ce que je fais à l’impact que je désiré? Est ce utile? Est ce que ça a un sens? Ne serai-je pas mieux à découper du sapin à l’ONF? En ai-je trop fait? Pas assez? Pas dans le bon ordre?

Bref, je vis un énorme passage à vide. Jusqu’au jour où j’ai décidé de me fixer des objectifs personnels cette fois-ci.
Un semi marathon dans 2 mois (septembre) et un super trail dans un an (en juillet).

Je revois la lumière du jour. Voir qu’il n’y pas que le boulot qui compte, et qu’au contraire en réalité on s’en cogne pas mal, ça m’a redonné l’envie.

Et là…2 mois non stop de déplacements et d’activité. Tout repart. Je m’éclate malgré la distance avec la famille, mes amis, la montagne. Je respire enfin!

Malgré cette reprise je sens toujours que je suis légèrement en apnée… et plus j’y pense, plus il semblerait qu’au final que ce soit le fardeau de l’indépendance.

On ne sait jamais. On ne saura jamais. Il y a des surprises tous les jours et on essaie de faire de son mieux, comme on peut.

Alors mon bilan de cette année et demi?


Si je devais recommencer, je referai pareil!
Je n’ai jamais autant appris de ma vie sur moi, sur les autres, sur les vrais et les faux amis. Sur mes caractéristiques et sur comment fonctionnait le monde du travail dans la vraie vie.

Des jours on est au fond du trou, d’autres tout se passe bien, d’autres on survol tout ce qu’on aurait pu jamais espérer. On plane à 3000m. Puis on se crash et on rebondit.

Je suis sorti de la sécurité, c’est anxiogène à mort, mais que la vie est plus palpitante!

Je me rends compte que les chemins sont infinis, qu’on n’a même pas besoin de se limiter à un sujet et que de toute manière…rien ne dit dans tout ça que dans quelques années je ne serai finalement pas à l’ONF pour couper du bois 🙂

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